Les Catacombes de Paris
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Lhermine@Lhermine.com
Membre du groupe KtaBreizh
 
Astérix et les Normands

Dessins de Uderzo
Texte de Goscinny

Dargaud


Aligastore

Goudurix a les cheveux rouges sur la couverture et jaune dans l'album !!!


Astérix et les normands est paru en 1967, pendant la période de révolution des moeurs (années 60).
Durant ces années il y avait de nombreuses fêtes dans les carrières souterraines de Paris et principalement à la salle Z.
Les journaux de l'époque ont beaucoup parlé de ces fêtes et c'est ce qui a alimenté l'allusion ci dessus.

17/06/1965, article de Jean Davy, paru dans France-Soir
06/07/1965, article de Gilles de Prevaux, paru dans France-Soir
15/07/1965, article de Gilles de Prevaux, paru dans Noir & Blanc (voir extrait plus bas).

France-Soir était un quotidien extrêmement lu à l'époque et Noir & Blanc était l'équivalent de Paris-Match aujourd'hui.

Noir & Blanc, semaine du 15 au 21 juillet 1965, p443, n°1063
Les grandes soirées du "Sous-Paris".
Les policiers ne sont pas invités a la "surboum" des catacombes, par Gilles de Prevaux.

(...) Nous nous introduisîmes par une des nombreuses entrées des catacombes, rue Notre-Dame-des-Champs, a côté d'un bureau de tabac. L'un des étudiants le plus naturellement du monde, avait sorti une clé de sa poche pour nous ouvrir la voie.
Après un escalier de près de cent marches descendu en silence, on nous permit enfin de parler a haute voix. Nous étions isolés du monde des vivants par quelque trente mètres de terre.
Mais nous n'en étions qu'a la première étape. Restait a gagner la salle de bal. Notre groupe se grossissait de nouveaux venus et bientôt une voix s'éleva, celle d'un "guide" :
- Chers amis et compagnes, cette soirée est placée sous le patronage de l'Ecole des Beaux-Arts. Des guides vont vous conduire par fournées de cinquante. Je vous rappelle a nouveau le danger que vous courez en vous détachant de votre "cordée". Ne vous laissez pas distancer par celui qui vous précède...
(...) nous marchons depuis trois quarts d'heure déjà. Un étudiant, Christian, m'en explique la raison :
- Avant, on entrait par le Val-de-Grâce. Il y avait moins de chemin. Mais maintenant les policiers surveillent cette entrée. Alors nous avons condamné la porte de l'intérieur. Mieux, des copains électroniciens ont installé un dispositif d'alarme : si les agents entrent par le Val de Grace, tout le bal est aussitôt alerté et on a le temps de filer par les issues secondaires.
Pour arriver a la " salle de bal " quelque part sous l'église du Val-de-Grâce, nous sommes donc passés successivement sous la rue Notre-Dame-des-Champs, sous le métro du boulevard Saint-Michel, sous le boulevard Port-Royal et la rue Saint-Jacques. En comptant le retour, je mesure que j'ai parcouru cette nuit-la, trois fois longueur des Champs Elysées, et le plus souvent courbé en deux.
Soudain, c'est la claire sonorité d'une trompette. Les yeux clignotants, nous débouchons dans le Saint des Saints : la grande salle de bal du "Gala des Catacombes". Sous de magnifiques voûtes de dix mètres de haut, l'emplacement ne couvre pas moins de 350 mètres carrés.
Et la, quelle cohue ! Quatre cents étudiants, garçons et filles, dansent, chantent (...). Des centaines de bougies, de chandelles, de cierges, de lampes électriques éclairent ce bal fabuleux, faisant scintiller les yeux des filles (...).
Sur un podium naturel, la fanfare des Beaux-Arts alterne slows, rocks, tangos, letkiss ! Ca chauffe terrible !
J'ai soudain un petit recul : de la pénombre (...) viennent de surgir des silhouettes en longues blouses blanches maculées de sang. Image d'épouvante ! Mais non, ce sont les étudiants en médecine. Le sang est celui d'un mouton venant tout droit des Halles, et que l'on vient de mettre au gril à la cuisine.
(...)
Déjà trois heures du matin ! Phuong, une jolie vietnamienne, m'entraîne au "Bar des Catacombes". La, le champagne coule a flots, le whisky aussi. Au "snack", on peut se faire servir sandwiches, petits gâteaux et même des glaces.
Quelques couples vont faire un tour, non pas au clair de lune, mais dans les galeries proches ou des bancs peu éclairés servent de refuge aux amoureux.
Il est plus de quatre heures et demi du matin quand retentit le cri fatidique : "On ferme !" Ce sont des "Oh !" de réception (sic). Déception qu'accentue encore la perspective du long retour a la queue leu leu dans les galeries humides.
(...)
Aucune plainte, pour l'instant, n'a été déposée contre ces étranges noctambules. Le Domaine des Carrières ne s'est pas manifesté, non plus que le curé de certaine église voisine dont les cierges, pourtant, depuis quelques temps, disparaissent a une cadence accélérée.
- Mais quoi, m'a dit Christian, ces cierges brûlaient pour les morts, non ? Alors, si on les rallume dans les catacombes...
Il est quand même spécifié que la police est sur les dents depuis qu'elle sait que des bals clandestins se donnent dans les carrières du sous-sol parisien.
(...)
L'autre semaine, ils ont tourné en rond pendant des heures, lors d'une rafle au cours de laquelle ils ont tout de même capturé soixante quinze fêtards souterrains.
(fin de l'article)


Dessin à la craie fait pendant la période des grandes fêtes.
Situé en haut de l'escalier nord de la salle Z.

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